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Circuit du Reims-Gueux
D27, 51390 Gueux


 

Les conducteurs qui empruntent la route D27 entre Reims et la commune de Gueux peuvent avoir la sensation d’être un pilote de voiture de course en longeant des stands et des tribunes peints de publicités automobiles. Ils empruntent une partie du parcours du circuit de Reims-Gueux qui fut l’un des plus réputés au niveau mondial dans les années 50. Il faisait la renommée de la ville de Reims au même titre que sa cathédrale, son club de football et le champagne.

La route D27 est bordée par les tribunes couvertes et les stands de ravitaillement. Il y avait jusqu’à 85 stands en 1969 tout le long du côté gauche de la route sur la photo. Une partie a été détruite tout comme une passerelle visible en forme de pneu qui permettait de franchir la route.

Des tribunes ouvertes (à droite) prolongent les tribunes couvertes.

Le circuit est né en 1926 lorsque l’automobile club Ardennes Champagne Argonne décida d’utiliser et d’aménager un triangle routier déjà existant pour y organiser le grand prix de la Marne. Il avait longueur de 7,8km et était constitué des trois lignes droites de la D27, de la D26 et de la N31 qui existent encore aujourd’hui. A cette époque, les autodromes (ou circuits fermés) étaient peu nombreux. Les essais et les courses se déroulaient sur des routes existantes qui étaient barrées lors des épreuves.

La pavillon central dit tour des restaurants (construit en 1933) abritait les commissaires et la presse jusqu’en 1953. La ligne de départ était à son niveau de 1933 à 1953.

Sa popularité immédiate au près des pilotes et des spectateurs, conjuguée aux nombreux aménagements rapidement réalisés permirent au circuit de Reims d’obtenir le Grand prix de France en 1932 et de s’internationaliser. De cette période datent les tribunes couvertes Robert Benoist et Jean-Pierre Wimille ainsi que les stands et le pavillon central de quatre étages. La Seconde Guerre mondiale et ses lendemains difficiles interrompirent toutes les courses sur le circuit entre 1939 et 1947.

Les deux premières tribune couvertes (de droite à gauche), nommées Robert Benoist et Jean-Pierre Wimille, ont été construites respectivement en 1928 et 1931.

La ligne de départ fut déplacée devant le pavillon de chronométrage en 1953. En face se trouvait le pavillon des speakers.

La première course de formule 1 officielle fut courue en 1950 pour le championnat du monde. Le tracé du circuit est modifié en 1952 afin de ne plus passer dans le bourg de Gueux. Appelé « circuit permanent », il avait une longueur de 7,1km, à laquelle une variante fut rajoutée l’année suivante pour une distance totale de 8,3km. C’est sur ce dernier tracé, appelé le circuit de compétition, que se déroulaient les courses (voir le plan plus loin dans l’article). En 1953 est également construit le pavillon de chronométrage qui remplaça celui de 1927. Depuis l’étage, les chronométreurs observaient la course dont la ligne de départ fut fixée devant. Des salles de restaurant sont aménagées dans le pavillon central qui abritait alors les commissaires et la presse.

Pavillon Lambert ou de chronométrage. L’étage était occupé par les chronométreurs et le rez-de-chaussée par le PC et les services de secours.

Les quatre tribunes couvertes vues depuis la toiture-terrasse des stands de ravitaillement qui était utilisée comme loges pendant les courses. Derrière les tribunes couvertes se trouvait une grande zone de stationnement pouvant accueillir jusqu’à 10000 véhicules.

Sur le même modèle que les 24 heures du Mans, les 12 heures de Reims sont créées en 1953. Le bâtiment appelé « Bloc habitat » était composé d’appartements loués aux partenaires du circuit avec des chambres à l’étage pour les pilotes qui souhaitaient se reposer lors de cette compétition. La tribune couverte Raymond Sommer fut construite en 1956 dans l’alignement des deux autres. La quatrième tribune toujours visible aujourd’hui était réservée à la presse. Ses niveaux inférieurs accueillaient des buvettes et des restaurants. (Lors des compétitions, il y avait assez de restaurants sur l’ensemble site pour servir 10000 repas simultanément.)

Les chambres à l’étage du « bloc habitat » permettaient aux pilotes de se reposer pendant les 12 heures de Reims.

La tribune de presse et une partie de la tribune Sommer construite en 1956.

Le circuit de Reims connu son apogée dans les années 50 et 60. Ses grandes lignes droites en faisaient un circuit de vitesse et les maisons de Champagne remettaient à tour de rôle 100 bouteilles au meilleur temps des essais. La consécration arriva le 4 juillet 1954, lorsque Juan Manuel Fangio dépassa les 200km/h de moyenne sur un tour complet, faisant ainsi de Reims le circuit le plus rapide du monde. Dans les années 60, le circuit de Reims restait un des plus rapides d’Europe avec Spa-Francorchamps et le Nürburgring.

La tour de distribution des essences avait deux citernes de carburant à son sommet. Un réseau de tuyaux alimentait tous les stands de ravitaillement de deux carburants différents.

Le grand panneau d’affichage métallique pivotait sur 120° pour être vu de tous les spectateurs dans les tribunes couvertes. Il a été installé en 1956 et remplaçait un panneau fixe de 1926 déplacé dans le virage de Muizon.

De 1926 à 1952, le circuit empruntait la D27 jusqu’au centre de Gueux (rouge+bleu clair), puis la D26 (bleu clair+bleu foncé) jusqu’à la N31. En 1952, son parcours est modifié avec la création d’un circuit permanent et du circuit de compétition dont le virage de Muizon a disparu aujourd’hui. Repérage des vestiges bâti du circuit encore visibles: (1) Pavillon de chronométrage, (2) Stands de ravitaillement, (2b) Tronçon des stands détruit, (3) Tribunes couvertes (de la presse, R Sommer, J-P Wimille et R Benoist), (4) Tribunes ouvertes, (5) Bloc habitat

Cependant, l’évolution des voitures de course rendit le circuit de plus en plus dangereux. Plusieurs modifications du tracé ont été étudiées mais ne purent être réalisées faute de financement. La dernière course de formule 1 a eu lieu en 1966, le dernier meeting en 1969 avec le critérium nationale FFSA des formules France et la dernière compétition en 1972 avec le trophée motocycliste de vitesse.

En un demi siècle, le circuit de Reims-Gueux a accueilli de nombreuses courses de formule 1, 2 et 3, les 12 heures de Reims, de nombreux rallyes mais aussi des courses cyclistes et motocyclistes. Les plus grands pilotes de l’époque y sont passés dont Jack Brabham, Jim Clark, mais surtout Juan Manuel Fangio. Ce dernier, qui a dominé la formule 1 dans les années 50 (cinq titres de champion du monde avec quatre écuries différentes), a débuté en formule 1 à Reims et y a fait sa dernière course dix ans après en 1958. Aujourd’hui, le site du circuit est entretenu par l’association « Les Amis du Circuit de Gueux » qui permet de maintenir le souvenir d’un des lieux les plus mythiques du sport automobile en France.

 


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