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Château d’Humières , Rue du Château, 12320 Conques ‎
Derrière la  porte de la Vinzelle


Situé au nord de l’Aveyron, Conques est un village médiéval surtout connu pour son abbatiale, étape majeure sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle partant du Puy-en-Velay (appelé via Podiensis). Il s’est développé à mi-pente sur le versant sud d’une gorge creusée par la rivière de l’Ouche, qui se jette un peu plus loin dans le Dourdou, traçant avec celle-ci une forme de coquille dans le paysage qui aurait donné son nom au lieu. Le charme du site se marie très bien avec l’architecture de la ville, de laquelle se détache le château avec la fenêtre à croisée courbe qui nous intéresse.
Panorama de Conques, dans lequel le château d'Humières se détache (au centre) et avec l'allée de l'Ouche en contrebas.

Panorama de Conques, dans lequel le château d’Humières se détache (au centre) et avec l’allée de l’Ouche en contrebas.

L’origine de la ville est la fondation d’une église au VIIIème siècle par l’ermite Dadon dont la piété a rapidement attiré de nombreux fidèles, l’obligeant ensuite à partir pour retrouver la solitude. Le lieu de culte, devenu monastère, s’est ensuite développé grâce aux faveurs royales accordées par plusieurs souverains carolingiens (donations d’or, d’argent et de terres dont Figeac) et surtout l’arrivée vers 866 des reliques de sainte-Foy d’Agen (une jeune chrétienne morte décapitée après avoir refusé d’abandonner sa foi au début du IVème siècle). Ce dernier évènement (conjugué aux miracles qu’elles auraient engendré) a assuré une prospérité à Conques et lui a permis d’être désignée comme étape sur l’un des chemins de Compostelle. Lui permettant également d’accumuler de nouvelles donations faites par les pèlerins et de diffuser le culte de sainte Foy dans tout le monde chrétien. L’âge d’or du monastère correspond à la période de construction de l’abbatiale actuelle, du milieu du XIème au début du XIIème siècle, et précède inexorablement une phase de déclin due à la concurrence d’autres ordres religieux, à la guerre de Cent ans et aux guerres de religions jusqu’à ce que la Révolution ne disperse les chanoines (la communauté monastique ayant été dissoute au XVIème siècle suite à un soulèvement contre les règles de saint Benoît considérées comme trop dures). Une grosse partie du Trésor a heureusement pu être sauvé de la dispersion grâce aux habitants qui avaient caché les pièces d’orfèvrerie pour les restituer en 1802, après la paix religieuse. L’abbatiale ne sera sauvée de l’effondrement qu’à partir de 1837 grâce à l’inspecteur général des Monuments historiques Prosper Mérimée et mélange aujourd’hui l’art roman et contemporain car ses vitraux ont tous été crées par l’artiste Pierre Soulages. L’église est en parfaite harmonie avec le village qui a conservé son architecture médiévale et une partie de son enceinte dont la porte de Vinzelle que les pèlerins quittant Conques empruntaient le plus souvent.
Le château d'Humières côté enceinte (A gauche, la fenêtre d'angle reprend l'arrondi de l'angle du bâtiment)

Le château d’Humières côté enceinte (A gauche, la fenêtre d’angle reprend l’arrondi de l’angle du bâtiment)

Le château d'Humières côté ville (avec la fenêtre d'angle plane)

Le château d’Humières côté ville (avec la fenêtre d’angle plane)

A côté de cette porte, se trouve l’un des édifices civils les plus imposants de la ville: le château d’Humières dont le nom traduit la taille de ce qui est plutôt un hôtel particulier. Construit par la famille du même nom aux XVème et XVIème siècles, il est constitué d’un corps de logis principal et d’une tour d’escalier couronnée par un niveau de plan octogonal et en pans de bois. Les trois étages du bâtiment sont éclairés par des fenêtres à croisée positionnées irrégulièrement et pratiquement toutes situées sur la façade côté ville alors que l’opposée donnant sur les remparts est pratiquement aveugle. Deux fenêtres à croisée du dernier niveau sont positionnées aux angles donnant sur la rue de la porte de Vinzelle, si la première (côté nord-est) est plane, la deuxième épouse l’arrondi de l’angle nord-ouest, ce qui est totalement insolite. En effet, le premier cas est plus compréhensible car il représente une solution de facilité pour la sculpture du meneau et de la traverse ainsi que pour les menuiseries; l’angle du mur ayant été tronqué afin de retrouver un pan de mur droit au niveau de l’ouverture. Cette seconde solution représente donc un traitement original de la seule ouverture donnant sur la porte de ville.
La fenêtre à croisée de meneaux courbe

La fenêtre à croisée de meneaux courbe

2 Comments

  1. Louis Moreau dit :

    C’est superbe c’est splendide, quel beau boulot! Des lectures intéressantes et motivantes !

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