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Nouvelle cathédrale et vieille cathédrale de Salamanque 
(Catedral Nueva y catedral Vieja de Salamanca)
Calle del Cardenal Pla y Daniel, 37008 Salamanca, Espagne 






La ville de Salamanque est célèbre pour être le siège de la plus vieille université d’Espagne mais peut également se vanter d’avoir deux cathédrales. La vieille cathédrale romane étant jugée trop petite, la construction d’une nouvelle est décidée au XVIème siècle non pas à l’emplacement de celle-ci mais à côté. La construction du nouvel édifice engendra la destruction de tout le côté nord de la construction romane, ce qui laisse penser que la suppression de l’ancien bâtiment avait été projetée dès l’achèvement du nouveau mais l’idée fut ensuite abandonnée.
Seul son dôme (derrière la grue sur la photo) signale la vieille cathédrale dans le panorama de Salamanque

Seul son dôme (derrière la grue sur la photo) signale la vieille cathédrale dans le panorama de Salamanque

Les travaux de la vieille cathédrale et du cloître attenant ont commencé avant 1150, à l’époque de l’évêque Berengario, pour s’achever dans le premier quart du XIIIème siècle. L’édifice a un plan en croix latine avec trois absides et si l’art roman domine, on y retrouve quelques éléments des styles byzantin et gothique. Les voûtes de la nef sont ainsi en croisée d’ogives alors que celles des absides sont en berceau. L’abside centrale est couverte par une voûte en cul-de-four (moitié de coupole) décorée entièrement par une fresque représentant le Jugement dernier. Les murs sont pratiquement entièrement recouverts par un retable du XVème siècle considéré comme un des plus beaux d’Europe. Constitué de 53 panneaux peints narrant la vie de la Vierge et de Jésus depuis l’Incarnation jusqu’au Jugement dernier, il est l’œuvre de Dello di Niccolò Delli. La croisée de transept est couronnée par une coupole dont la partie extérieure est appelée la tour du coq, en référence à la girouette qui la couronne. Cette « tour » est couverte par un toit en forme de pyramide octogonale et délimitée par des tours cylindriques et des édicules au couronnement triangulaire. A l’intérieur, la coupole repose sur seize colonnes encadrant 32 baies réparties sur deux niveaux et flanquées de colonnettes, le tout étant sur pendentif (surface triangulaire courbe permettant de passer d’un plan circulaire ou octogonal à un plan carré). Le portail unique de la façade ouest était encadré par deux tours dont celle du sud est appelée « Torre Mocha » car elle n’avait pas de combles et son toit servait de terrasse. La tour au nord a perdu son aspect original car elle sert de base au clocher de la nouvelle cathédrale culminant aujourd’hui à 90 mètres.
La cathédrale gothique derrière la romane

La cathédrale gothique derrière la romane

La tour du coq et le toit  de la vieille cathédrale

La tour du coq et le toit de la vieille cathédrale

La construction de la nouvelle cathédrale collée à la partie nord de l’ancienne commence au début du XVIeme. Cette période représente le siècle d’or de la ville et de son université. De nombreuses édifices datent d’ailleurs de cette époque, dont la façade de l’université. La cathédrale romane est alors considérée trop petite, sombre et indigne de Salamanque et de son université. La construction de la nouvelle avec la même orientation (chevet orienté vers l’Orient) a entrainé la destruction du transept nord, d’une partie de la nef et de l’abside de ce même coté du vieux bâtiment. Les travaux ont commencé en 1513 pour finir en 1733, ce qui en fait une des représentations les plus tardives du gothique dans une cathédrale espagnole avec celle de Ségovie.
Nef de la cathédrale gothique/Nef de la cathédrale romane

Nef de la cathédrale gothique/Nef de la cathédrale romane

La nouvelle cathédrale a un plan rectangulaire d’environ 102m de long sur 50m de large, avec un chevet plat et une nef centrale bordée de bas-côtés et de chapelles latérales, ces dernières s’intercalant entre les contreforts. L’intérieur de l’édifice est baigné par la lumière naturelle grâce à 90 baies disposées notamment sur les murs de la nef culminant à environ 38m, des bas-cotés hauts d’environ 25m et des murs latéraux d’une hauteur de 15m. Cette différence de hauteur permet de faire ressortir le transept pourtant peu marqué en plan. Le chœur, de style baroque, est fermé par des grilles de style rococo, par des murs latéraux de style plateresque et par un retable structurant sa partie arrière. Il est occupé par deux séries de stalles en bois dont les panneaux des sièges supérieurs sont décorés avec la représentation en pied du Christ ressuscité, des Apôtres et de Saints. La coupole, située à 60m du sol, a été reconstruite en 1765 dans le style néoclassique suite à l’écroulement de l’original lors du tremblement de terre de Lisbonne. Elle est éclairée par huit baies situées entre des colonnes corinthiennes et repose sur un tambour décoré avec des scènes de la vie de la Vierge, lui même sur trompe (petite voûte en encorbellement dans les angles permettant de passer d’un plan circulaire ou octogonal à un plan carré). La façade principale est décorée par trois portails dans l’axe de la nef et des deux bas-côtés. L’accès à la cathédrale peut également se faire de la place de Anaya au nord de l’édifice, par la porte dite des Rameaux car la procession du dimanche des Rameaux sort du bâtiment à cet endroit.
La coupole de l'édifice gothique

La coupole de l’édifice gothique

La sacristie et le chevet de la cathédrale gothique

La sacristie et le chevet de la cathédrale gothique

La nouvelle cathédrale (gothique)

La nouvelle cathédrale (gothique)

Les raisons de la conservation de l’ancienne cathédrale ne sont pas connues mais permettent de profiter aujourd’hui d’un ensemble exceptionnel.

Restez sur place en lisant l’article sur l’astronaute du portail des Rameaux de la nouvelle cathédrale.
Voir également l’article sur la grenouille de l’université de Salamanque, autre grande curiosité de la ville.

1 Comment

  1. […] rester à Salamanque, voir l’article sur les deux cathédrales dont la nouvelle vous a été brièvement présenté dans cet article et  sur la grenouille […]

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